Hôtel Spa & Villas 5 étoiles
Escapade
S’en aller voir sous d’autres cieux…
Dans le jargon touristique, nous sommes en plein dans les ailes de saison. Une période qui me donne envie de m’envoler vers d’autres cieux, ou plutôt vers un autre Saint. De Saint-Tropez à Saint-Rémy-de-Provence, il n’y a qu’un pas et quelques kilomètres vite avalés. En choisissant les petites routes, le décor annonce déjà la couleur : villages de pierre ambrée, roches jaillissantes des Alpilles et sentiers qui invitent à l’aventure. À chaque virage, le paysage dévoile un peu plus de sa beauté. Destination validée.
Qui dit escapade dit point d’ancrage. Pour découvrir Saint-Rémy, notre choix s’est porté sur le Vallon de Valrugues Hôtel & Spa, un superbe établissement 5 étoiles dont on nous avait vanté autant la table que le confort. Dès la grille franchie, la magie opère. Entre jardins fleuris, espaces ombragés et vaste bassin bleu azur, l’envie de ralentir est immédiate. Arrivés avant l’heure du check-in, nous confions bagages et voiture à une équipe accueillante, puis profitons de la navette mise à disposition pour rejoindre le centre-ville.
Charmant. C’est le mot qui vient à l’esprit en flânant dans les ruelles du centre historique. Fontaines, placettes ombragées et façades anciennes composent une carte postale provençale à ciel ouvert. Au détour d’une rue, nous découvrons la maison natale de Nostradamus, dont les écrits continuent de fasciner lecteurs et passionnés à travers le monde.
Moins fréquentée qu’en été mais animée toute l’année, la ville révèle en automne tout son attrait. Les températures douces rendent la promenade particulièrement agréable. Les vitrines rivalisent de tentations : les chapeaux de la Maison Favier, les biscuits de la Maison Bergese, les ex-voto de Fiston, les affiches des Antiques ou encore les objets de décoration du Comptoir des Alpilles et de C.Line.B. Sans oublier les terrasses du Grand Café Riche, du Beau Bar ou de Chez Mamine, et la garde robe de Mademoiselle Hortense. Bref, il y a de quoi céder à quelques envies.
Mais Saint-Rémy ne se résume pas au shopping. Entre musées, site archéologique, Monastère Saint-Paul de Mausole où Vincent Van Gogh séjourna en 1889, sentiers de randonnée, manades et patrimoine provençal, les possibilités sont innombrables. Deux jours ne suffiront clairement pas. Nous reviendrons. D’ailleurs, après plusieurs heures de balade, l’envie de retrouver le Vallon de Valrugues se fait pressante. Direction la piscine chauffée à 28 degrés et ses beds invitant à la détente.
Derrière sa lourde porte de bois et de verre fumé, la suite de 70m2 dévoile un vaste salon aux tonalités d’ocre et de terre, dominé par un spectaculaire lustre suspendu sous le plafond cathédral. Sur la table nous attendent gourmandises, fruits frais et une bouteille d’Iris Blanc du Domaine Oddo. Une attention personnalisée nous rappelle également notre massage en duo prévu le lendemain matin. À l’extérieur, une terrasse ombragée, parfaitement préservée des regards, accueille un jacuzzi à température idéale.
La chambre poursuit cette promesse de bien-être. Poutres apparentes, volumes généreux, dressing spacieux et salle de bain en travertin équipée des produits L’Occitane : tout invite au repos. Mais, pour moi, le véritable juge de paix reste le lit. Une simple pression de la main suffit à confirmer mes espoirs. Le moelleux est parfait. C’est typiquement le genre de souvenir qu’on aimerait rapporter dans sa valise à la place d’un énième magnet.
Avant de rejoindre le restaurant, un premier passage par le jacuzzi s’impose, le temps de savourer un verre de vin en toute intimité.
Depuis moins d’un an, le Chef Alexandre Fabris, 1 étoile Michelin, insuffle une nouvelle dynamique aux cuisines du Vallon de Valrugues. Son ambition est claire : faire de chaque repas, du petit-déjeuner au room service, du bistrot Canto Cigalo à la table gastronomique Oria, une expression sincère et contemporaine de la Provence.
J’apprécie particulièrement les restaurants qui permettent de choisir séparément plat et garniture. C’est plus simple lorsqu’on a des allergies, des intolérances ou simplement des envies différentes de celles imaginées par le chef. Le véritable défi fut donc de trancher dans une carte où tout est irrésistible. Raviole de cèpes, noisette du Piémont sur un velours de châtaigne ; truite de l’Isle sur la Sorgue marinée et mi-cuite à la flamme avec son condiment ; Turbo à la plancha, nage d’automne et rapée de poutargue ; joue de cochon de la Crau confites à la bière locale et beurre de carotte au gingembre… Irrésistible ! Et les vins des Alpilles proposé par le sommelier parfaitement en accord : un blanc Les Antiques du domaine Fontchêne pour moi et Le Rouge du Domaine des Alpilles pour mon ami.
Et que dire du dessert ? J’ai longtemps hésité entre les crêpes Suzette flambées à table et le soufflé aux marrons accompagné d’une glace cassis. Comme je n’ai jamais réussi un soufflé et que je les adore, il s’est imposé naturellement. Sans le moindre regret : il était exceptionnel. Mon compagnon avait opté pour l’éclair au chocolat, tout aussi remarquable. On sous-estime souvent l’importance d’un vrai pâtissier dans un restaurant. Pourtant, c’est souvent cette dernière note gourmande qui reste en mémoire longtemps après avoir quitté la table. Après un dernier verre au bar, dont la sélection de spiritueux sort elle aussi des sentiers battus, nous rejoignons notre suite, repus et conquis.
Au matin, avant notre rendez-vous au spa, nous faisons honneur au généreux buffet du petit-déjeuner. Le fait-maison est aussi gourmand que varié. Au-delà des grands classiques, coup de cœur pour le granola façon cookie et le large choix de jus de fruits fraîchement pressés, de confitures et de yaourts locaux.
J’adore les spas. Et celui du Vallon de Valrugues est une véritable bulle de bien-être. Jardin de senteurs propice au repos, cabines spacieuses, piscine intérieure avec nage à contre-courant, sans oublier les suites duo équipées d’un jacuzzi et d’un hammam privatifs. Un bonheur. C’est dans l’une d’elles que nous profitons d’un massage cocoon en duo aux huiles issues de plantes méditerranéennes. Une parenthèse hors du temps que l’on aimerait prolonger indéfiniment.
Avant de quitter l’hôtel, nous profitons une dernière fois de la piscine chauffée à 28 degrés pour avaler un bon kilomètre à la nage. Il faut bien cela pour compenser les plaisirs de la veille et ouvrir l’appétit avant le déjeuner en terrasse, à l’ombre des mûriers. Sans vous en faire le détail, que dire, un nouveau moment suspendu gourmand.
Invitée à visiter la cave avec le sommelier, je découvre avec émerveillement une collection impressionnante de grands crus et de millésimes d’exception. Une véritable caverne d’Ali Baba où les Haut-Brion côtoient les Pétrus, Cheval Blanc, Bâtard-Montrachet et Nuit Saint Georges, avec des pépites inattendues comme des bouteilles de La Vigne de l’Enfant Jésus ou encore de remarquables vieux millésimes du Domaine de Trévallon.
Destination de choix pour les épicuriens, la région abrite des vignobles dont la réputation dépasse largement nos frontières. Sur la route du retour, nous faisons halte au superbe Domaine Oddo, dont les vignes s’étendent au pied des roches escarpées des Alpilles. Propriété d’une Éléonores de Provence, qui cultive également des domaines en Sicile et en Afrique du Sud, il produit des vins aromatiques marqués par ce terroir minéral qui les entoure. Face à la terrasse, le paysage est saisissant. Ici, la beauté du lieu raconte à elle seule le dialogue entre la terre et ceux qui la travaillent.
En reprenant la route, les yeux encore baignés de cette lumière si particulière à la Provence chère à Cézanne, nous nous faisons une promesse : revenir poursuivre l’exploration. Pourquoi pas au printemps ?
Le Vallon de Valrugues Hôtel Spa & Villas
9 Chem. Canto Cigalo, 13210 Saint-Rémy-de-Provence
https://www.vallondevalrugues.com/fr/
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